lundi 9 novembre 2015

Roedelius + Muraglia live @ Petit Bain, Paris, 7 novembre 2015


Depuis quelques mois, Hans-Joachim Roedelius multiplie les apparitions sur scène dans le monde entier. São Paulo, Barcelone (Primavera Sound Festival), Graz, Berlin, Braga, Copenhague, bientôt Saint-Pétersbourg et Düsseldorf : les festivals électro-chics se l’arrachent. Avec un tel programme, une date parisienne semblait inespérée. C’est pourtant ce qui s’est produit ce 7 novembre au Petit Bain, une péniche amarrée au pied de la bibliothèque Mitterrand, où Achim retrouvait le musicien DJ Leon Muraglia. Les deux hommes, qui collaborent depuis trois ans, viennent de publier leur premier album, Ubi Bene (Passus Records).

 

Leon Muraglia & Hans-Joachim Roedelius live @ Petit Bain, Paris / photo S. Mazars
Leon Muraglia & Hans-Joachim Roedelius live @ Petit Bain, Paris

Paris, le 7 novembre 2015

Leon Muraglia live @ Petit Bain, Paris / photo S. Mazars
Leon Muraglia
Il y a dix jours, à peine sirotée la dernière coupe de champagne de sa soirée d’anniversaire où, parait-il, il faisait encore la nouba avec son épouse Christine à 3 heures du matin, Hans-Joachim Roededius s’envolait pour Braga, au Portugal. Une semaine plus tard, le 5 novembre, c’est à Copenhague qu’il jouait devant une salle pleine à craquer où Michael Rother le précédait sur scène. Seulement deux jours après, il était attendu au bord des eaux pures et claires de la Seine, afin d’interpréter l’album Ubi Bene, fruit de sa collaboration avec le musicien italien (mais résident d’Oslo, en Norvège) Leon Muraglia. Plus souvent concentré sur son piano, Achim laissait pour une grande part le soin des machines à son partenaire, comme l’atteste le premier morceau, le minimaliste Kurhaus Skinnydip (ce titre ne reflèterait-il pas l’une des activités préférées d’Achim ?).

Roedelius+Muraglia - Ubi Bene (2015, Passus Records) / source : passus.bandcamp.com
La couverture d'Ubi Bene : une photo de Lunz am See
Florian Tanzer n’est plus là pour assurer les parties visuelles, aussi Roedelius fait-il projeter l’un de ses propres films, tourné en plan fixe devant la maison d’un vieil ami en Corse. Dès le second morceau, on sent pourtant que quelque chose ne va pas. L’album est méconnaissable. Les deux musiciens s’entendent-ils correctement ? Est-ce l’acoustique exécrable de la salle ? La désinvolture de l’ingénieur du son, plus disposé à bavarder avec sa copine ou à envoyer des textos ? A l’issue du show, les deux musiciens en conviennent : l’album méritait mieux. Les fans de Roedelius se doivent de l’écouter. Ils reconnaitront son style unique dans les titres Gently Falling Snow et A Nostalgia For Lollipops. Ceux de Cluster seront surpris par My Heart And Mind Were Disposed To The Gentle Feelings Of Good Will, qu’on croirait tout droit sorti de Zuckerzeit. Pour ne rien dire du superbe A Reflection In Deep Sea, inaudible pendant le concert, sans doute le sommet de la collaboration Roedelius + Muraglia.

Hans-Joachim Roedelius live @ Petit Bain, Paris / photo S. Mazars
Hans-Joachim Roedelius
Ni Achim, ni le promoteur n’ayant fait une publicité monstre autour de l’événement, ce concert est resté confidentiel. Mais on espère revoir Roedelius en France au plus vite. Ce ne sera pas facile. L’année n’est même pas terminée que, déjà, Saint-Pétersbourg et son Electro-Mechanica Festival, Düsseldorf et son Approximation Festival attendent la visite du maître.

Prochains rendez-vous avec Hans-Joachim Roedelius


– Roedelius live @ Electro-Mechanica Festival, Saint-Pétersbourg, 21/11/2015
– Roedelius + Chaplin live @ Approximation Festival, Düsseldorf, 25/11/2015

Leon Muraglia & Hans-Joachim Roedelius live @ Petit Bain, Paris / photo S. Mazars
Roedelius + Muraglia live @ Petit Bain, Paris