mercredi 17 juillet 2013

Gandalf live @ Artgenossen, Lindlar, Dreamweaver Tour, 7 juillet 2013

 

« Paysagiste musical », comme il aime parfois à se décrire, Gandalf publiait le 12 mars 2013 un nouvel album, Dreamweaver, le 31e en studio. A rebours de toute considération commerciale, l'artiste autrichien, qui a vendu plus d'un million d'albums dans le monde entier, se faisait plaisir en enregistrant cet opus acoustique, taillé sur mesure pour son groupe, avec Merike Hilmar au violoncelle et son fils Christian Strobl aux percussions. Au début de l'été, les trois musiciens donnaient une série de concerts, le 21 juin à Purkersdorf, en Autriche, le 5 juillet à Zoetermeer, aux Pays-Bas, et le 7 juillet à Lindlar, en Allemagne.


Merike Hilmar, Christian Strobl et Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Merike Hilmar, Christian Strobl et Gandalf en concert à Lindlar

Lindlar, le 7 juillet 2013

Depuis Journey to an Imaginary Land, son premier album, publié chez Warner en 1981, Gandalf sort presque un disque par an sans jamais se répéter. Plus que son style, ce sont ses arrangements qui ont évolué au cours du temps. Derrière les synthés des années 80, les orchestrations symphoniques du début des années 90 ou les instrumentations ethniques de la fin de la même décennie, le son de Gandalf reste parfaitement identifiable. Presque entièrement acoustique, Dreamweaver, son dernier disque, est peut-être celui qui donne le plus à découvrir la substance de son art. Entre la phase de composition, au piano et à la guitare, et la phase d'enregistrement, peu de choses sont venues s'ajouter. Ce sont ces deux instruments que l'on retrouve principalement sur l'album, accompagnés seulement par quelques flûtes, les percussions de Christian Strobl et le violoncelle de Merike Hilmar. C'est à cette formation que l'on doit les trois dernières réalisations studio de Gandalf, ainsi que la plupart de ses apparitions scéniques depuis 2007. C'est celle qu'on retrouve ce soir, à Lindlar, petite bourgade située à une trentaine de kilomètres à l'est de Cologne.

Christian Strobl avec Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Christian Strobl
Interprété presque en intégralité, Dreamweaver occupe près de la moitié des deux heures de concert. Des extraits des trois albums précédents, Lotus Land (2007), Sanctuary (2009) et Erdenklang & Sternentanz (2011) complètent le set. Dans chaque cas, Gandalf a choisi les morceaux qui se prêtent le mieux à cette formation live. Mais le musicien n'a pas attendu ces dernières années pour introduire le violoncelle dans sa musique. L'instrument accompagnait déjà deux de ses albums à la fin des années 90. Pendant le concert, il avoue d'ailleurs ne pas toujours rendre justice aux qualités de violoncelliste de Merike Hilmar dans ces compositions. C'est pourquoi il a spécialement conçu pour elle le morceau Between Ebb and Flow, (dont on peut se faire une idée lors d’un précédent concert au festival Electronic Circus 2012, grâce à l’extrait publié par Gandalf sur sa page Youtube). Ce soir, Between Ebb and Flow recueille clairement les faveurs du public. Celui-ci semble essentiellement composé d'amateurs de musique de la région, non de fans de la première heure qui auraient fait spécialement le déplacement. C'est pourtant à un tel fan, originaire de Lindlar, que l'on doit l'organisation du concert. L'homme fut l'un des premiers acquéreurs de Journey en 1981.
Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Gandalf
Gandalf se permet ensuite l'une des rares entorses à son parti-pris acoustique. Extrait de Lotus Land, le titre Life is Love met en effet en valeur son sitar électrique. Le dernier titre particulièrement apprécié, Alhambra, rend hommage au célèbre palais de Grenade, que Gandalf n'a pourtant jamais eu l'occasion de visiter. Comme certains peintres figuratifs, c'est d'après photo qu'il a composé ce thème. Mais la surprise majeure vient du rappel, formidable bond de plus de trente ans dans le passé, avec le premier morceau du premier album. Quand retentissent les premières secondes de bruit blanc de Departure, on se plaît à espérer que Gandalf revienne un jour à ce son qui l'a fait connaître, ce mélange harmonieux d'électronique et d'acoustique dont il a toujours maîtrisé les nuances les plus subtiles.

Merike Hilmar avec Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Merike Hilmar
En matière musicale, la synthèse de plusieurs influences restera toujours un exercice difficile. Bien des artistes s’y sont cassé les dents. Métal et chants incas, rap et folklore celtique, Electropop et ragas indiens : de telles alliances ont souvent fait les beaux jours des charts. Mais qu’en reste-t-il après coup, sinon le kitsch et le mauvais goût ? L’intention qui sous-tend parfois de telles démarches – abattre les frontières, rassembler les cultures – se conforme si bien à l’esprit du temps, qu’elle a souvent signifié l’accès grand ouvert aux subventions publiques et aux colonnes des journaux branchés. Elle n’en reste pas moins incapable, par sa seule existence, de générer de la bonne musique. Mais, pour peu qu'elle soit réussie, une telle fusion des genres permet alors d’atteindre des sommets de créativité. Peu de musiciens en sont capables. Et Gandalf en fait partie.

Setlist : Under Southern Skies. – Shining Like a Jewel. – Life's Blossoms. – Reaching for the Sky. – Between Ebb and Flow. – Written in the Stars. – [pause] Dreamweaver. – Citadel. – Von der Schönheit des Seins (part 1). – Die Wege des Menschen (part 4). – Life is Love. – Alhambra. – [rappel] Departure.

Merike Hilmar, Christian Strobl et Gandalf en concert à Lindlar / photo S. Mazars
Bonne ambiance à la fin du concert de Gandalf à Lindlar



Un mot, enfin, sur la première partie. Elle était assurée par Levin & Aileen, deux jeunes gens du cru. Le duo s'est spécialisé dans la chanson folk en anglais. On peut se faire une idée de leurs compositions sur leur page Youtube. Setlist : Collapse (Levin & Aileen). – Cold is the Night (The Oh Hello's). – Bigger Mess (Levin & Aileen). – Hello My Old Heart (The Oh Hello's). – Your Choice (Levin & Aileen). – Good Riddance (Green Day). – In Dictum (Wallis Bird).