mardi 25 juin 2013

Broekhuis, Keller & Schönwälder live @ Syrkus Hall, Roodt-sur-Syre, Luxembourg, 8 juin 2013

 

Il y a un an, BK&S lançaient à New York la promotion de leur album Red, à l’occasion de la toute première mini-tournée américaine du groupe. Après leur traditionnel concert de début d’année à Repelen, puis leur prestation, le 17 mai, au Cosmic Night Festival 2013, dans l’enceinte du planétarium de Bruxelles, Broekhuis, Keller & Schönwälder se retrouvaient au Luxembourg pour interpréter une dernière fois en intégralité le fruit de leur plus récente collaboration commune en studio. Au programme : Berlin School et laser show.

 

Bas Broekhuis, Detlef Keller, Mario Schönwälder / photo S. Mazars
Bas Broekhuis, Detlef Keller, Mario Schönwälder

Roodt-sur-Syre, Luxembourg, 8 juin 2013

Bas Broekhuis, Detlef Keller, Mario Schönwälder / photo S. Mazars
A une quinzaine de kilomètres de Luxembourg, le Centre culturel Syrkus surplombe le petit village de Roodt-sur-Syre, dans la commune de Betzdorf, que Broekhuis, Keller & Schönwälder connaissent bien pour s’y être produits en son église, en juin 2010. Cette performance a donné lieu à la publication, le 12 janvier dernier, d’un EP, le premier d’une série de formats plus courts initiée par Mario Schönwälder, patron de Manikin Records. Mais ce n’est pas ce disque qui sera à l’honneur ce soir. Le trio va jouer Red (2012), son dernier effort en studio, en intégralité. Grands amateurs d’églises, pour l’atmosphère qui y règne et la grande qualité du son, les trois hommes se retrouvent aujourd’hui dans une salle ultra-moderne qui, à son tour, va prouver haut la main les mérites de son acoustique. Quant à l’atmosphère, si elle ne peut évidemment pas rivaliser avec celle d’un édifice religieux, elle doit beaucoup aux subtils jeux d’ombre et de lumière qui accompagnent les artistes tout au long du concert.

Bas Broekhuis / photo S. Mazars
Arrivés sur place la veille, ces derniers sont déjà en pleine répétition au début de l’après-midi. Le tableau laisse alors une impression de déjà-vu, qui se confirme dès le lever de rideau le soir venu. Le positionnement sur scène des musiciens, celui de leur matériel, leur nombre lui-même rappelle forcément un autre trio électronique, le Tangerine Dream de la grande époque : Detlef au centre, comme Chris Franke, Bas à gauche, comme Edgar Froese, Mario à droite, comme Peter Baumann. A l’instar de leurs glorieux précurseurs, chacun des trois hommes a composé autour de lui un petit îlot de matériel. Les synthés devant, les armoires derrière.
Detlef Keller / photo S. Mazars
Detlef et Mario disposent l'un et l'autre de plusieurs step-sequencers et de divers modules d'effets non-identifiés, mais c'est Bas qui contrôle le séquenceur de Manikin Electronic, le Schrittmacher, perdu au milieu d’une impressionnante valise truffée de racks. En tant que batteur, il joue également de deux octapads, le SPD 11 (ou SPD 20) de Roland, mais aussi le Performance Pad Pro d'Alesis. En matière de claviers, il ne dispose en revanche que de deux petits 25 touches, qu'on le voit peu utiliser durant le show.
Mario Schönwälder / photo S. Mazars
Les claviers, c'est l'affaire de ses deux collègues. Ce soir, Detlef ne glissera ses doigts que sur des Roland, dont le Fantom Xa et le Gaïa. C’est lui qui s’est aussi adjugé le roi des synthés de la marque japonaise, le célèbre Jupiter 80. A Mario le soin de gérer le workstation Fantom X7 et, surtout, le Memotron, remake numérique du mellotron, l’ancêtre des sampleurs, là encore développé par Manikin Electronic.

Bas Broekhuis, Detlef Keller, Mario Schönwälder / photo S. Mazars
Bas Broekhuis à l'octapad, Detlef Keller à la harpe laser, Mario Schönwälder au clavier


Les essais de la harpe laser. Detlef Keller, Mario Schönwälder / photo S. Mazars
Les essais de la harpe laser
Mais le clou du spectacle, c’est évidemment la harpe laser de Detlef, que le musicien allume plusieurs fois lors du concert, au gré de ses envies. C’est tout le principe de cette musique. La formation a beau travailler sur la base d’un album enregistré en studio, aucun des trois musiciens ne se prive de quelques improvisations, rendant parfois méconnaissables les morceaux originaux. Parfois, seuls les séquenceurs en témoignent, tandis que les passages mélodiques doivent plus à l’inspiration du moment. La harpe laser est évidemment l’instrument idéal pour ce genre d’improvisation. Spectaculaire, elle capte aussitôt l’attention des plus jeunes membres de l’assistance. C’est l’une des satisfactions de la soirée : si le public est plutôt clairsemé dans cette salle de 200 places, toutes les générations sont en revanche représentées. Les plus anciens se remémorent évidemment la harpe laser de Jean-Michel Jarre dans les années 80. Detlef a fait développer son propre instrument par trois firmes distinctes : High Scan pour l’optique, IFM pour les capteurs, et Manikin pour l’électronique. Mais quel rapport entre Manikin Electronic et Manikin Records ? Aucun, explique Mario Schönwälder à l’issue du concert. Les responsables l’ont un jour contacté pour lui demander s’ils pouvaient exploiter la marque et son logo. Mario a accepté. Depuis, pour le meilleur, il ne se prive pas d’expérimenter tous les gadgets développés par la firme. Ce soir-là, le résultat est éloquent : au total, plus de deux heures de spectacle, parfait exemple de Berlin School traditionnelle exécutée sur des instruments de dernière génération.

Bas Broekhuis / photo S. Mazars
Setlist : Red One. – Red Two. From Red to Green. – [rappels] Tea with an Unknown Girl. – Storm Chaser. – Source of Life.

>> Interview de BK&S